lundi 7 juin 2010

La responsabilité individuelle des consommateurs (Ib)

Je continue à vous résumer les idées contenues dans l'ouvrage sur la responsabilité individuelle des consommateurs édité par le Conseil de l'Europe. (Partie Ia)

Partie 1 – La consommation comme vecteur d'expression citoyenne (suite)

Produire ou ne pas produire ? Est-il justifié de croire en la souveraineté du consommateur ?
Tim Cooper (Royaume-Uni)

L'auteur rappelle ici que dans de nombreux marchés, particulièrement ceux présentant des caractéristiques oligopolistiques, de puissants fournisseurs semblent capables d'influencer les préférences des consommateurs. Les choix de ceux-ci ne sont pas complètement libres. En réalité, les consommateurs manquent à la fois de pouvoir et de compétences. Aussi, le supplément actuel de prix lié à une consommation responsable constitue un frein supplémentaire au changement.

Il semble aussi que de nombreux consommateurs ne cherchent pas à restreindre, et encore moins à réduire, leur consommation globale. Les individus achètent habituellement systématiquement le même genre de produits ; leurs choix reflètent des valeurs intériorisées depuis longtemps ainsi que leur identité sociale.

L'évolution de la consommation ne peut donc pas se faire toute seule ; les gouvernements ont un rôle à jouer. Il faut concentrer les efforts sur la création d'un cadre favorable au progrès collectif, plutôt que d'exhorter les individus à aller à contre-courant. L'auteur constate en effet que le principe de la souveraineté des consommateurs place un fardeau injuste sur chacun d'eux.

Un moyen de supprimer cette pression serait l'élimination progressive de la possibilité d'acquérir des produits ou services ayant des impacts sociaux ou environnementaux excessivement négatifs. Mais il s'agit-là d'un changement radical que peu de gouvernements seraient capables d'appliquer à brève échéance.


De la souveraineté du consommateur à la gouvernance des consommateurs
L'espace du choix dans la consommation
Sophie Dubuisson-Quellier (France)

Le choix des consommateurs se distribue actuellement entre des alternatives très spécifiques et fortement contrôlées par les acteurs du marché. Il est souvent réalisé après recourt à la « délégation » (analyses et avis extérieurs). Or, aujourd'hui, les consommateurs ne peuvent choisir qu'en fonction des caractéristiques que traitent les délégués de la médiation marchande ; ils ne peuvent introduire de nouveaux critères eux-mêmes. Cela revient en fait à constater que non seulement, le choix est fini, mais qu'il est également contrôlé politiquement et économiquement par l'offre.

Pour contrer cette consommation dirigée, il existe actuellement trois types de démarche : les mouvements décroissants, les contrats locaux entre consommateurs et producteurs et les démocraties alimentaires localisées.


Les préoccupations des consommateurs et les possibilités de choix alternatifs
Federica Volpi (Italie)

Certains groupes de pression possède aujourd'hui un pouvoir d'envergure mondiale qu'ils peuvent exercer à leur seul profit, en dépit du fait que leurs décisions peuvent également avoir des conséquences majeures pour ceux dont la voix n'est pas entendue au moment où il s'agit de trancher.

Les citoyens peuvent jouer le rôle de contrepoids en utilisant leur portefeuille comme levier. C'est bien à l'individu de modifier ses schémas de comportement s'il veut exercer une pression suffisante pour faire évoluer les politiques économiques et commerciales internationales.

Les caractéristiques fondamentales des gammes de produits disponibles sur le marché restent largement méconnues du public. Contrairement à cela, les consommateurs responsables, du fait de la réflexion qui sous-tend leurs choix, sont prêts à dépenser davantage pour ces produits, comme le montrent de nombreuses études effectuées en Europe et ailleurs.

1 commentaire(s):

Anonyme a dit…

A remettre peut-être aussi en perspective avec les travaux de recherche qui s'intéressent à la consommation durable et l'analysent comme une "gouvernementalisation" de la consommation. Car la tendance peut effectivement amener quelques critiques. Voir par exemple : http://yannickrumpala.wordpress.com/2009/12/07/la-%c2%ab-consommation-durable-%c2%bb-comme-gouvernementalisation-de-la-consommation/